David Foster WALLACE, La Fonction du balai, 1987

Question : jusqu'à quel point un romancier peut-il faire le show, afin de capter l'attention du lecteur et de la garder, sans que soudain parte en fumée chez ledit lecteur ce que, dans le jargon de la narratologie, on appelle « la suspension d'incrédulité » ? Chez Foster Wallace, la vanité d'auteur est largement compensée par les mérites du romancier au travail ‒ une belle intelligence, une imagination débordante, un sens aigu de l'absurde et de la drôlerie, de l'insolite, de l'imprévisible ; et de l'audace.

De Danièle SALLENAVE à Charles Ferdinand RAMUZ…

« Sans les livres, toute vie est une vie ordinaire. Ne pas avoir l'expérience de la littérature n'empêche ni de connaître, ni de savoir, ni même d'être « cultivé » : il manque seulement à la vie vécue d'être une vie examinée. », Danièle Sallenave

Franz KAFKA, L’Amérique, Traduit de l’allemand par Alexandre Vialatte, Editions Gallimard, 1946, pour la traduction française, folio n° 803, 368 pages

Lire Kafka, lire un roman de Kafka, cette lecture me le confirme, est toujours pour moi une épreuve, qui me porte un solide et sale bon vieux mauvais coup au moral ! J'exagère tout de même un peu. Mais cette fausse indifférence glacée. Ce désespoir à l'état brut, qui avance parfois sous le masque de la drôlerie. « Il y a dans ce livre des passages qui rappellent irrésitiblement Chaplin... » nous dit Max Brod, le meilleur ami de Kafka, à propos de L'Amérique.

Danielle DUSSAULT, Les ponts de Prague, nouvelles, 144 pages, Lévesque Editeur

Les Ponts de Prague est un recueil de nouvelles que l'auteure a écrites à l'occasion d'une résidence d'écriture en Europe de l'Est. Les Ponts de Prague, ce sont vingt-neuf nouvelles, vingt-neuf histoires courtes, la plus longue en effet ne dépasse pas sept pages. Tout un ensemble d'instantanés sensibles, de situations déterminées ou imprévisibles, au climat bien différent d'une fois sur l'autre. Qui se développent lors de trajets prévus, de flaneries improvisées, ou d'événements protocolaires. Un vécu paradoxal, engendrant, chez la narratrice, tout un registre d'émotions ; et qui suscitent toujours sa réflexion, la conduisent à un retour sur soi, ou l'amènent à revisiter un passé douloureux ou à s'échapper dans le rêve...

Jack LONDON, John Barleycorn, Le cabaret de la dernière chance, récit

De tout temps, dans la langue populaire américaine, « John Barleycorn » symbolise et personnifie l’alcool. « John Barleycorn », littéralement « maïs d’orge » ou « grain d’orge », est à l’origine « une chanson folklorique anglaise et écossaise ». Le récit de Jack London, intitulé John Barleycorn, tirerait son titre de cette chanson. Dans l'oeuvre de Jack London, John Barleycorn constitue un texte à part. Ecrit en 1912, publié en 1913, c'est l'un des derniers textes qu'il aura encore le temps d'achever. Toute sa vie, en effet, Jack London a bu et abusé de l'alcool.