Vassivière est un lac artificiel qui fut créé une veille de Noël, en 1950 exactement, en Limousin, dans l’actuel parc naturel de Millevaches.
Au milieu du lac il y a une île ; au cœur de cette île l’ancien domaine agricole de Vassivière, avec son château et ses dépendances, côtoie aujourd’hui le Centre international d’art et du paysage et son parc de sculptures. C’est un lieu que tous les amateurs d’art contemporain devraient visiter.
De Vassivière, nous gardons de beaux souvenirs ; nous en avons fixé quelques-uns, dans ce poème.

A Vassivière, nous avons aimé :

Casser des chaises
Marcher sur les rives du lac parmi les arbres effondrés
La couleur capricieuse de l’eau
Le bleu du ciel et sa douce insistance
La violence chaleureuse de la peinture de Reyberolle
Le regard de ce peintre
Le silence qui s’est refermé sur le lac
Le sourire et la gaieté de chacun
Les arbres qui poussent dans l’eau
La voix gouailleuse de « l’homme-au-petit-train »
Le mur
Gravir l’escalier de la tour
Dire : « C’est le Rhin Loulou ! »
Appeler « Germaine ! »
Le glaçon récalcitrant de Sylvie
Les taches sur son petit Marcel
André et son labyrinthe
Le bon vin que nous n’avons pas bu
Le bain que nous n’avons pas pris
La fontaine d’Argenton, où nous avons trempé nos doigts
La promenade en bateau
La climatisation de ton auto, André
La forme incertaine d’un nuage
L’odeur sèche des pins
Dans le bois, dévaler la pente dans un grand bruit de feuilles mortes et de branches cassées
La fraîcheur sous la nef de l’église d’Eymoutiers (1)
La voix, les mots de la petite étudiante
Ton allure, André
Les draps blancs, l’herbe verte, et le vent parmi
Le thé
Le whisky
Le pschit ! pschit ! et la petite serviette
Sentir la nuit, sur le balcon
Les vaches
Cette catastrophe évitée de justesse : la dermite des prés
Les bonbons aux châtaignes
Le travail de Bernard Pagès
L’eau souveraine

(1) Ne manquez pas non plus de visiter, à Eymoutiers, situé à quelques kilomètres seulement de Vassivière, le musée consacré au peintre Rebeyrolle, cher à notre grand collectionneur national « franco-vénitien » François Pinault ! à juste titre d’ailleurs, même si, comme l’écrit, à juste titre également, Christian Boltanski dans son dernier ouvrage (Voir notre article du 30 mars 2008) :  » Paul Rebeyrolle, ce n’est pas Marc Rothko… ».
Posted by:Joël Bécam

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