» Las, le marque-page qui, comme son nom l’indique, « marque » la progression de notre lecture, est encalminé depuis plusieurs longs mois, à la page 208… Or, cette édition de A la recherche du temps perdu, dans la collection Quarto, aux éditions Gallimard, en comporte 2408 !  » : c’est notamment en ces termes que débutait, le 9 mars dernier, notre Florilège proustien… (Voir les articles précédents).
Le croiriez-vous ? Eh bien oui ! à la faveur de ce modeste hommage que nous voulions lui rendre, nous nous sommes attachés à lui, notre petit Marcel… et il n’est pas dit que notre renoncement à le lire  » en entier » soit définitif ; auquel cas nous aurions de nouveau matière à souligner les passages qui nous plussent… Toutefois, le temps des écrivains n’est pas celui des journalistes ; il se peut donc que le prochain épisode de notre Florilège n’ait lieu que dans vingt ans, or d’ici là…

« … s’il peut quelquefois suffire pour que nous aimions une femme qu’elle nous regarde avec mépris comme j’avais cru qu’avait fait Mlle Swann et que nous pensions qu’elle ne pourra jamais nous appartenir, quelquefois aussi il peut suffire qu’elle nous regarde avec bonté comme faisait Mme de Guermantes et que nous pensions qu’elle pourra nous appartenir. »,
Marcel Proust, A la recherche du temps perdu, collection Quarto, Gallimard, 1999, page 146.

« Et de la sorte c’est du côté de Guermantes que j’ai appris à distinguer ces états qui se succèdent en moi, pendant certaines périodes, et vont jusqu’à se partager chaque journée, l’un revenant chasser l’autre, avec la ponctualité de la fièvre ; contigus, mais si extérieurs l’un à l’autre, si dépourvus de moyens de communication entre eux, que je ne puis plus comprendre, plus même me représenter dans l’un, ce que j’ai désiré, ou redouté, ou accompli dans l’autre. », page 151.

« la réalité ne se forme que dans la mémoire », page 151.

« Les trois quarts des frais d’esprit et des mensonges de vanité qui ont été prodigués depuis que le monde existe par des gens qu’ils ne faisaient que diminuer, l’ont été pour des inférieurs. »,
Marcel Proust, A la recherche du temps perdu, collection Quarto, Gallimard, 1999, Deuxième partie : « Un amour de Swann », page 146.

« Autrefois on rêvait de posséder le cœur de la femme dont on était amoureux ; plus tard, sentir qu’on possède le cœur d’une femme peut suffire à vous en rendre amoureux. », page 163.

« Depuis si longtemps il avait renoncé à appliquer sa vie à un but idéal et la bornait à la poursuite de satisfactions quotidiennes, qu’il croyait, sans jamais se le dire formellement, que cela ne changerait plus jusqu’à sa mort ; bien plus, ne se sentant plus d’idées élevées dans l’esprit, il avait cessé de croire à leur réalité, sans pouvoir non plus la nier tout à fait. », page 174.

« Dans sa grâce légère, elle avait quelque chose d’accompli, comme le détachement qui succède au regret. », page 180.

Posted by:Joël Bécam

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