Le Monde, ces jours-ci, vante Balzac. Heureuse initiative qui nous a donné l’idée de relire Le Père Goriot.
Puisse cet humble florilège vous convaincre de lire ce merveilleux roman… en entier !

Florilège

 » Qui décidera de ce qui est plus horrible à voir, ou des cœurs desséchés, ou des crânes vides ? « ,
Le Père Goriot, Honoré de Balzac, classique de poche, Le livre de poche, n° 757, page 49.

 » Eugène de Rastignac, ainsi se nommait-il, était un de ces jeunes gens façonnés au travail par le malheur, qui comprennent dès le jeune âge les espérances que leurs parents placent en eux, et qui se préparent une belle destinée en calculant déjà la portée de leurs études, et les adaptant par avance au mouvement futur de la société, pour être les premiers à la pressurer. « , page 57.

 » Paris est un véritable océan. Jetez-y la sonde, vous n’en connaîtrez jamais la profondeur. Parcourez-le, décrivez-le ? quelque soin que vous mettiez à le parcourir, à le décrire ; quelque nombreux et intéressés que soient les explorateurs de cette mer, il s’y rencontrera toujours un lieu vierge, un antre inconnu, des fleurs, des perles, des monstres, queque chose d’inouï, oublié par les plongeurs littéraires. « , page 61.

 » Le bonheur est la poésie des femmes, comme la toilette en est le fard.  » , page 62.

 » Il lui manquait ce qui crée une seconde fois la femme, les chiffons et les billets doux. « , page 62.

 » Peut-être est-il dans la nature humaine de tout faire supporter à qui souffre tout par humilité vraie, par faiblesse ou par indifférence. N’aimons-nous pas tous à pousser notre force aux dépens de quelqu’un ou de quelque chose ? « , page 66.

 » Sa haine ne fut pas en raison de son amour, mais de ses espérances trompées. Si le coeur humain trouve des repos en montant les hauteurs de l’affection, il s’arrête rarement sur la pente rapide des sentiments haineux. « , page 74.

 » Les petits esprits satisfont leurs sentiments, bons ou mauvais, par des petitesses incessantes. « , page 74.

 » Suivant la logique des gens à tête vide, tous indiscrets parce qu’ils n’ont que des riens à dire, ceux qui ne parlent pas de leurs affaires en doivent faire de mauvaises. « , page 75.

 » Sur dix nuits promises au travail par les jeunes gens, ils en donnent sept au sommeil. Il faut avoir plus de vingt ans pour veiller. « , page 89.

 » On a bien raison de dire qu’il n’y a rien de plus beau que frégate à la voile, cheval au galop et femme qui danse. « , page 98.

 » Une femme aimante est encore plus ingénieuse à se créer des doutes qu’elle n’est habile à varier le plaisir. « , page 122.

 » Notre coeur est un trésor, videz-le d’un coup, vous êtes ruinés. Nous ne pardonnons pas plus à un sentiment de s’être montré tout entier qu’à un homme de ne pas avoir un sou à lui. « , page 134.

 » Aussitôt qu’un malheur nous arrive, il se trouve toujours un ami prêt à venir nous le dire, et à nous fouiller le coeur avec un poignard en nous en faisant admirer le manche. « , page 134.

 » Il y a des femmes qui aiment l’homme déjà choisi par une autre, comme il y a de pauvres bourgeoises qui, en prenant nos chapeaux, espèrent avoir nos manières. « , page 136.

 » Le peuple se ruait à la porte des boulangeries, tandis que certaines personnes allaient chercher sans émeute des pâtes d’Italie chez les épiciers. « , page 144.

 » Il lui arriva ce qui arrive à tous les hommes qui n’ont qu’une capacité relative. Sa médiocrité le sauva. « , page 144.

 » Les voies tortueuses ne mènent à rien de grand. « , page 148.

 » Les bons amis font les bons comptes, … « , page 157.

 » Demandez aux femmes quels hommes elles recherchent, les ambitieux. Les ambitieux ont les reins plus forts, le sang plus riche en fer, le coeur plus chaud que ceux des autres hommes. « , page 163.

 » Une rapide fortune est le problème que se proposent de résoudre en ce moment cinquante mille jeunes gens qui se trouvent tous dans votre position. Vous êtes une unité de ce nombre-là. Jugez des efforts que vous avez à faire et de l’acharnement du combat. Il faut vous manger les uns les autres comme des araignées dans un pot, attendu qu’il n’y a pas cinquante mille bonnes places. Savez-vous comment on fait son chemin ici ? par l’éclat du génie ou par l’adresse de la corruption. Il faut entrer dans cette masse d’hommes comme un boulet de canon ou s’y glisser comme une peste. L’honnêteté ne sert à rien. L’on plie sous le pouvoir du génie, on le hait, on tâche de le calomnier, parce qu’il prend sans partage ; mais on plie s’il persiste ; en un mot on l’adore à genoux quand on n’a pas pu l’enterrer sous la boue. La corruption est en force, le talent est rare. Ainsi, la corruption est l’arme de la médiocrité qui abonde, et vous en sentirez partout la pointe. « , page 166.

 » Voyez si vous pourrez vous lever tous les matins avec plus de volonté que vous n’en aviez la veille. « , page 168.

 » Le coeur d’une pauvre fille malheureuse et misérable est l’éponge la plus avide à se remplir d’amour, une éponge sèche qui se dilate aussitôt qu’il y tombe une goutte de sentiment. « , page 169.

Posted by:Joël Bécam

2 réponses sur « Le Père Goriot, de Honoré de Balzac : florilège (à suivre) »

  1. Je redécouvre Balzac avec ce florilège !
    Tout est bon, rien à jeter. Et mention spéciale à ceci : « Il lui manquait ce qui crée une seconde fois la femme : les chiffons et les billets doux ». Cela confirme que l’on ne naît pas femme, mais qu’on le devient. Monique Ferec.

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