Georges Perros, L’Autre Région, Lettres à Maxime Caron, finitude , 2003.  

En voilà une bonne nouvelle ! Le saviez-vous ? Georges Perros de Douarnenez a /avait lui aussi son « jeune poète », comme René Karl Wilhelm Johann Josef Maria Rilke !
Entre 1961 et 1977, en effet, Georges Perros, le breton d’adoption, et Maxime Caron le gars du Nord
échangèrent une correspondance qui dura seize ans. « L’autre région », dans la bouche de Georges, c’était précisément le nord de la France d’où il reçut, pendant l’été 1961, la première lettre de ce jeune homme de 21 ans… 


Petit florilège :

« La médiocrité, ça n’existe pas. C’est le défaut de passion qui est grave. L’abdication. »

L’Autre Région, Lettres à Maxime Caron (1961-1977), finitude, 2003, page 16

« Moi, je veux bien que les gens arrivent, comme on dit. Mais je n’ai pas encore très bien vu où. », page 16

« Alors c’est le grand bain, la grande sortie, la grande rentrée, la fraternité ronflante. Bon courage. Il doit bien y avoir un moyen de faire le mort, d’indifférencier tant de sottise.  », page 32

« L’homme n’est qu’un robot, mais c’est un robot pensant.  », page 33

 » Pas question de se faire une raison, elle se fait – et défait ! – toute seule, mais question d’être de cœur avec ce qui a lieu en permanence, à savoir un composé d’ennui, de rage, d’impatience, de désir, de résignation, de révolte, sacrée salade avec laquelle il n’y a pas moyen de moyenner, et qui nous transbahute de ci de là, sans crier gare.  », page 35

« Paris est une ville géniale, mais qui se fout pas mal du génie de ses figurants. », page 37

« (…) et quand un type un peu intelligent se met à être con, il y réussit mieux que les cons naturels.  », page 40

« Ici, c’est la foire. Je sors le moins possible de ma turne, ou empoigne ma moto comme un fou, pour aller voir ailleurs si j’y suis. J’y suis hélas.  », page 47

Publié par :Joël Bécam

Un commentaire sur &Idquo;Georges Perros, Lettres à Maxime Caron&rdquo

  1. POUR L’AMOUR DES PETITES LINGÈRES

    pour Georges Perros et Joël Bécam

    Il n’y aura pas de poème ce matin

    Ce n’est pas gentil pour les arbres

    les tortues et les catins.

    Pour les Catherine aussi et les Ursule

    Les Jules Jim et tous les autres:

    Coeurs en marbre qu’il faudrait pourtant un peu

    Poétiser.

    On peut ajouter les Intellectuels

    Qui sont toujours à prophétiser

    Sur le Bien et le Mal le Libre Arbitre

    Et sur la Mort de la Poésie.

    Mais là tout de même

    On ne va pas leur faire ce plaisir.

    Ce petit texte

    bien loin de Shakespeare

    – ce Père englouti qui tempête encore

    et nous livre ses trésors insolites*-

    On va l’appeler Poème:

    Pour les arbres les symboles la fantaisie…

    Et l’amour des petites lingères **

    * Par cinq brasses sous les eaux,

    Ton père englouti sommeille:

    De ses os naît le corail,

    De ses yeux naissent les perles.

    Rien chez lui de corruptible

    Dont la mer ne vienne à faire

    Quelque trésor inutile…

    Shakespeare (La Tempête)

    ** …Mais être aimé par une petite lingère, que ni le Bien ni le Mal, ni le Libre Arbitre, ni la Révolution n’empêchent de dormir et de travailler, c’est le voeu…

    Georges Perros (Papiers Collés)

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