» à un homme riche on devrait pardonner encore moins qu’à un homme démuni « , page 1225

 

 » le présent est sans étendue ; le futur et le passé qui contiennent la plupart des causes de nos souffrances, ont au contraire une vaste étendue et, à leur contenu effectif, s’ajoute encore le simple possible, qui ouvre au souhait et à la crainte un champ à perte de vue « , page 1233

 

 » nous avons un intellect double, à savoir un intellect pensant à côté de l’intellect connaissant par l’intuition « , page 1235

 

 » si tout le monde est plus ou moins capable de comparer des concepts avec d’autres concepts, comparer des concepts avec des intuitions est un don que seuls certains élus ont reçu. Ce don, selon le degré de perfection qu’il atteint, est la condition de l’esprit, de la faculté de juger, de la pénétration, du génie, alors que de la première faculté il ne ressort guère au mieux que des considérations rationnelles « , page 1251

 

 » les concepts que la raison a formés, que la mémoire a gardés, ne peuvent être tous présents à la fois, ils ne sont bien plutôt présents qu’en très petit nombre à un moment donné, alors que, au contraire, l’énergie avec laquelle est appréhendé le présent de l’intuition, dans lequel est toujours virtuellement contenu et représenté l’essentiel de toutes choses en général, cette énergie, donc, pénètre la conscience et l’emplit de toute sa puissance en un seul instant. C’est ce qui explique la prépondérance du génie sur l’érudition. « , page 1254

 

 » La sagesse proprement dite est quelque chose d’intuitif et non quelque chose d’abstrait. « , page 1256

 

 » Agir selon des concepts peut virer à la pédanterie, mais agir sur des impressions intuitives peut virer à la légèreté et à la folie « , page 1259

 

 » l’on peut trouver à tous les rangs de la société des hommes doués d’une supériorité intellectuelle et cependant souvent dépourvus de toute érudition. Car si l’entendement naturel peut remplacer la culture, à presque tous ses degrés, jamais aucune culture ne pourra jamais remplacer l’entendement naturel. « , page 1261

 

 » dans l’abondance on mène grand train, dans le dénuement on se suffit. « , page 1261

 

 » il est dangereux de faire des lectures sur un sujet avant d’y avoir soi-même réfléchi. « , page 1263

 

 » les uns ne parlent que de ce qu’ils ont lu quand les autres parlent de ce qu’ils ont pensé, « , page 1264

 

 » l’érudition me fais l’effet d’une lourde cuirasse, parce qu’elle rend l’homme fort entièrement invulnérable tandis qu’elle est, pour l’homme faible, un fardeau sous lequel il sombre et finit par s’effondrer. « , page 1265

 

 » Bien sûr, les concepts sont le matériau de la philosophie, mais ils le sont seulement comme le marbre est le matériau du sculpteur : elle ne doit jamais travailler à partir des concepts mais en eux, c’est-à-dire qu’elle doit déposer ses résultats en eux et ne pas partir d’eux comme d’un donné. « , page 1270

 

 » la sophistique est à la théorie ce que la chicane est à la pratique. « , page 1275

 

 » Raisonner est chose simple, juger est une affaire difficile. « , page 1281

 

 » Les esprits ordinaires font preuve d’un manque de confiance en leur propre faculté de juger jusque dans les moindres circonstances, parce qu’ils savent d’expérience qu’elle n’est d’aucune valeur. Chez eux, les préjugés et les jugements d’autrui tiennent lieu de faculté de juger, si bien qu’ils se maintiennent sous une tutelle prolongée et, parmi plusieurs milliers, un à peine peut s’en affranchir. Leur faculté de juger n’est, en effet, pas autonome, d’autant qu’ils se donnent à eux-mêmes l’illusion de juger alors qu’ils ne font que loucher sur les opinions des autres qui restent leur repère secret. Alors que tout un chacun aurait honte d’aller avec un habit, un manteau ou un chapeau d’emprunt, ils n’ont tous que des opinions d’emprunt qu’ils ramassent avidement là où ils peuvent s’en emparer, et qu’ensuite ils font passer pour leurs afin de se pavaner. D’autres leur empruntent à leur tour et en font exactement le même usage. C’est ce qui explique que les erreurs se propagent si vite et si loin, tout comme la renommée des mauvaises oeuvres : car ceux qui font profession de bailleurs d’opinion, comme les journalistes et autres de la même espèce, ne livrent que de la fausse marchandise, à l’instar des revendeuses à la toilette qui ne donnent que de faux bijoux. « , page 1283

 

 » un homme rira d’autant plus franchement qu’il est capable d’un grand sérieux. « , page 1297

 

 » quand la plaisanterie se dissimule derrière le sérieux, en résulte alors l’ironie. « , page 1298

 

 » L’inverse de l’ironie serait, par conséquent, le sérieux dissimulé derrière la plaisanterie. On le nomme humour. « , page 1299

 

 » une vérité n’a rien à craindre d’une autre vérité. « , page 1306

 

 » ce qu’il apprend repose dans ce qu’il savait, ce qui revient à dire qu’il le savait déjà. Mais il ne savait pas qu’il le savait, et ne pas savoir que l’on sait, est en tout point semblable à posséder quelque chose sans savoir qu’on le possède, c’est-à-dire à ne pas le posséder. « , page 1311

 

 » L’éloquence est la faculté de susciter chez autrui notre vision personnelle à propos d’une chose ou notre propre disposition d’esprit au sujet de cette même chose, d’éveiller en eux le même sentiment que le nôtre, de les amener de cette manière à être en sympathie avec nous ; cela se fait en introduisant dans leur esprit le courant de nos pensées par nos seules paroles, mais avec une puissance telle que ce courant les détourne du cheminement de leurs propres pensées et les emporte dans son propre cours. « , page 1327

 

 » Un concept est exact ; un jugement, vrai ; un corps, réel ; un rpport, évident « , page 1331

 

 » L’intuition empirique ne peut, tout d’abord, fonder que des vérités singulières et non des vérités universelles « , page 1331

 

 » Si une proposition possède une valeur absolument universelle, alors l’intuition sur laquelle elle repose n’est pas empirique, elle est a priori. « , page 1331

 

 » pour qu’une nouvelle idée entre dans l’usage commun, il sufit qu’elle soit bien pesante « , page 1338

 

 » il est même bon pour l’Allemand d’avoir à la bouche des mots un peu longs : comme il pense lentement, ils lui laissent le temps de réfléchir. « , page 1340

 

 » le Je est une grandeur inconnue, c’est-à-dire qu’il est à lui-même un mystère. « , page 1361

 

 » De même que le degré de lumière varie dans les pièces d’un appartement, de même dans les têtes. Pour sentir cette qualité de la pensée tout entière, il suffit de lire seulement quelques pages d’un auteur. « , page 1368

 

 » Si l’on remarque qu’un livre nous entraîne dans des contrées plus obscures que les nôtres, jetons-le, à moins que nous n’en voulions retenir que les faits et non les idées. « , page 1369

 

 » Comibien de vérités restent sans être découvertes pour cette seule raison que personne n’a le courage de regarder le problème en face et de s’y atteler. « , page 1371

 

 » l’illusion puérile que les livres se consomment frais, comme les oeufs « , page 1374

 

 » Chez ce sage, l’avenir emprunte toujours au présent, tandis que, chez les sots insouciants, c’est le présent qui emprunte au futur « , page 1378

 

« Qu’est-ce que le bonheur ? Un état de paix, de sérénité continuelle. Les moyens d’atteindre cet état sont la grandeur d’âme, la constance obstinément attachée aux saines décisions du jugement. », page 1392

 

« la différence entre le bonheur et l’infortune est bien plus dérisoire que ce que leur anticipation nous fait imaginer », page 1393

 

« Plus un homme est inférieur du point de vue de l’intelligence, moins l’existence lui semblera énigmatique », page 1396

 

« c’est toujours un tour d’audace que de vouloir glisser de nouvelles fondations sous un bâtiment achevé (…) en quoi une religion pourrait-elle avoir besoin du suffrage de la philosophie ! A vrai dire, elle a tout pour elle : révélation, écritures, miracles, prophéties, soutien du gouvernement, le plus haut rang comme il sied à la vérité, adhésion et vénération de tous, des milliers de temples dans lesquels elle est proclamée et exercée, des hordes de prêtres assermentés et, ce qui importe plus que tout, le privilège inestimable de pouvoir inculquer sa doctrine aux hommes dès leur tendre enfance, et d’en faire, de cette manière, en quelque sorte des idées innées », page 1405

 

« exiger que même un grand esprit – un Shakespeare, un Goethe – se convainque des dogmes d’une religion quelconque, tout simplement, de bonne foi, au sens propre, revient à exiger d’un géant qu’il enfile les chaussures d’un nain. », page 1409

 

« La physique ne peut se tenir sur ses jambes, elle a besoin d’une métaphysique pour s’y appuyer, quelle que soit la morgue qu’elle affiche à l’endroit de cette dernière. », page 1416

 

« La doctrine fréquemment reprise d’une évolution de l’humanité dans le sens d’un progrès continu vers la perfection ou encore, plus généralement, celle d’un devenir quelconque de cette même humanité en vertu d’un processus universel vont à l’encontre d’un savoir a priori selon lequel, à tout instant donné, un temps infini s’est déjà écoulé, si bien que tout ce qui était censé arriver avec le temps devrait nécessairement être déjà là. », page 1438

 

« Quel que soit le flambeau que nous allumions, quel que soit l’espace qu’il puisse bien éclairer, notre horizon demeurera toujours enveloppé dans une nuit profonde. », page 1438

« Je voudrais tellement disposer d’un registre authentique de tous les crimes que le christianisme a réellement empêchés, et de toutes les bonnes actions qu’il a réellement engendrées, afin de pouvoir les disposer sur l’autre plateau de la balance. », page 1442

 

Compléments du Livre II

« La vérité est qu’il y a une existence objective et une existence subjective, un être pour soi et un être pour les autres, une conscience du soi individuel et une conscience des autres choses, et que toutes deux nous sont immédiatement données, mais d’une manière si différente qu’aucune autre différence ne pourra jamais égaler celle-là. Chacun a une connaissance immédiate de soi, mais chacun n’a une connaissance que très médiate des autres choses. Le fait est là, mais là est aussi le problème. », page 1449

 

« Nous devons apprendre à connaître la vérité à partir de nous-même et non à l’inverse, nous-même à partir de la nature. », page 1456

 

« il est au moins aussi facile de croire à une digestion sans estomac qu’à une conscience connaissante , page 1462

 

« désirer, convoiter, vouloir, ou détester, fuir, ne pas vouloir, appartiennent en propre à toute conscience : l’homme les partage avec les polypes. », page 1468

 

« Entre un idiot et un génie, l’abîme n’est peut-être pas moindre qu’entre un animal très futé et un homme très limité », page 1469

 

« si l’intellect se met à interpréter quelques airs de danse, la volonté, elle, ne peut rien faire d’autre que de danser dessus. Bien plus, l’intellect fait jouer à la volonté le rôle d’un enfant que sa gouvernante, par quelques paroles ou récits tour à tour heureux et tristes, fait passer à l’envi par les humeurs les plus contrastes. », page 1475

 

« Souvent nous ne savons nous-mêmes pas ce que nous souhaitons ou ce que nous redoutons. Nous pouvons nourrir un souhait des années durant sans cependant nous l’avouer ou encore sans arriver à en avoir une conscience claire, parce que l’intellect n’en doit rien savoir, parce que la bonne opinion que nous avons de nous-mêmes risquerait d’en pâtir. », page 1478

 

« Sur dix choses qui nous irritent, neuf ne pourraient y parvenir si nous les comprenions vraiment à fond, en considérant leurs causes, et donc si nous reconnaissions leur nécessité et leur vraie nature ; nous le ferions bien plus souvent si nous les considérions comme des objets de réflexion plutôt que des objets d’enthousiasme et de chagrin. », page 1483

 

« L’amour et la haine faussent entièrement notre jugement ; chez nos ennemis nous ne voyons que défauts, chez nos favoris que qualités, même leurs défauts nous semblent aimables. Notre avantage personnel, quel qu’il soit, exerce un pouvoir secret semblable sur notre jugement : ce qui lui convient, nous paraît aussitôt équitable, juste, raisonnable », page 1491

 

« La tête barre tout accès à ce qui répugne au cœur », page 1492

 

« l’on se trouve dans une position bien plus difficile quand on promet aux hommes de les instruire que lorsqu’on promet de les distraire », page 1493

 

« plus une erreur aura été opiniâtrement soutenue, plus son renversement sera honteux », page 1493

 

« Croire que la connaissance détermine effectivement et entièrement la volonté est croire que la lanterne qu’un individu porte la nuit est le premier moteur de ses pas », page 1502

 

« de tout temps la solution des médiocres a été et sera celle-ci : « Si quelqu’un excelle parmi nous, qu’il aille exceller ailleurs », page 1506

 

« le diamant est banni par le quartz », page 1506

 

« la vertu attend sa récompense dans l’autre monde, l’habileté dans ce monde-ci ; quant au génie, il ne l’attend ni là-bas ni ici : il est à lui-même sa propre récompense. », page 1514

 

« j’ai eu raison d’avoir posé la volonté de vivre comme ce qu’on ne peut expliquer plus avant, comme ce qui est  bien plutôt le fondement de toute explication, et que, loin d’être l’écho de l’un de ces mots creux tels que l’Absolu, l’Infini, l’Idée et autres expressions semblables, elle est l’élément le plus réel que nous connaissions, voire le noyau de la réalité même », page 1712

 

« L’agitation est générale, les uns méditent, les autres agissent, et le tumulte est indescriptible. – Mais la fin dernière de tout cela, quelle est-elle ? », page 1719

 

« Qu’est-ce, en effet, qu’un bref report de la mort, un petit soulagement de la détresse, un recul de la douleur, un apaisement momentané du désir face aux si nombreuses victoires que la détresse, la douleur, le désir remportent, et face à la certitude de la mort ? », page 1721

 

« chacun veille sur sa vie et la protège comme un gage précieux dont il aurait à assumer la lourde responsabilité, au prix de soucis sans fin et d’une détresse fréquente, à quoi justement sa vie se passe. Le but et la raison, le gain final, bien sûr il ne les voit pas : mais il accepte telle quelle la valeur de ce gage, sur parole et de bonne foi, sans savoir en quoi elle consiste. », page 1721

 

« En vérité, tout le monde souhaiterait se reposer, mais la détresse et l’ennui sont en quelque sorte le fouet qui maintient la toupie en mouvement. », page 1723

 

« Les hommes ne sont qu’en apparence tirés en avant, en réalité, ils sont poussés par-derrière ; ce n’est pas la vie qui les attire, c’est la détresse qui les pousse en avant », page 1724

 

Compléments du Livre III

 

« nous ne pouvons appréhender l’essence purement objective des choses, les idées qui s’y manifestent, que lorsque nous n’accordons pas d’intérêt aux choses pour elles-mêmes, lorsqu’elles n’ont aucun rapport avec notre volonté. », page 1737

 

« Le point d’origine de toute œuvre belle, de toute pensée grande et profonde, est une intuition parfaitement objective. Or celle-ci est toujours conditionnée par le silence complet de la volonté, où ne subsiste alors que l’homme comme pur sujet de la connaissance. La disposition propice à la prédominance de cet état s’appelle précisément le génie. », page 1739

 

« Ce n’est jamais la vie qui est belle, mais seulement ses images », page 1745

 

« Le génie est à lui-même sa propre récompense », page 1763

 

« La valeur se trouve non dans la gloire, mais dans la voie pour y parvenir », page 1763

 

« Le talent est pareil à un archer qui touche une cible que les autres ne peuvent atteindre, le génie pareil à celui qui en touche une que les autres ne sont pas même capables de voir », page 1771

 

« ce monde qui promet ses couronnes aux méritants pour les poser finalement sur les têtes de ceux qui deviennent les instruments de ses basses intentions », page 1779

 

« chacun doit se tenir devant un tableau comme devant un prince et attendre qu’il lui adresse la parole pour savoir ce qu’il va lui dire », page 1793

 

« l’écrivain doit toujours laisser au lecteur un reste à penser », page 1794

 

« Que quelqu’un puisse être un grand esprit sans rien en remarquer est une absurdité dont seule une désolante incapacité peut se persuader afin de prendre le sentiment de sa propre nullité pour de la modestie », page 1825

 

« il existe, dans toutes les langues probablement, une pure poésie faite d’un cliquetis sonore qui est presque totalement dénuée de sens », page 1827

 

« la vie est un rêve pénible dont il faut se réveiller », page 1834

 

Compléments du Livre IV

 

«  si le sommeil est le frère de la mort, la syncope est son frère jumeau. », page 1884

 

« nous ne connaissons pas de trictrac plus sublime que celui qui engage la vie et la mort », page 1892

 

« le sommeil est pour l’individu ce que la mort est pour l’espèce », page 1896

 

« si on cherche quelque chose sur un mauvais chemin c’est bien qu’on a perdu le bon », page 1905

 

« la nature ne fait rien de superflu et elle ne fait pas de largesses », page 1910

 

« Mais pour celui qui tient la naissance de l’homme pour le commencement absolu de celui-ci, la mort est également la fin absolue. Car tous deux sont ce qu’ils sont au même sens ; c’est pourquoi chacun ne peut se penser comme immortel que dans la mesure où il se pense également comme non né, et dans le même sens. Ce qu’est la naissance, la mort l’est également, selon l’essence et la signification ; il s’agit de la même ligne décrite dans deux directions. », page 1914

 

« le moi est le point noir de la conscience (…) de même que l’œil voit tout, sauf lui-même », page 1919

 

« la vertu de certaines filles trouve une béquille solide dans leur laideur », page 1975

 

« La Rochefoucauld affirme pourtant qu’il en va de l’amour passionné comme des fantômes, tout le monde en parle, mais personne n’en a vu », page 1979

 

« tout état amoureux, si éthéré qu’il puisse paraître, s’enracine dans la seule pulsion sexuelle », page 1982

 

« en amour l’homme tend naturellement à l’inconstance, la femme à la constance », page 1996

 

« La jeunesse sans beauté possède toujours de l’attrait ; la beauté sans jeunesse, aucun », page 1997

 

« on regardera principalement à la beauté du nez, un nez trop court, retroussé, gâchant tout. Une petite courbure du nez, vers le bas ou vers le haut, peut décider du bonheur de l’existence d’innombrables filles (…). Une petite bouche, avec une petite mâchoire, est tout à fait essentielle, en tant que trait caractéristique du visage humain, au contraire des bouches animales. Un menton fuyant, pour ainsi dire tronqué, est tout particulièrement repoussant », page 1999

 

« Les femmes ne tiennent pas compte du manque d’intelligence ; une force intellectuelle prépondérante, voire du génie, facultés jugées anormales, pourraient même avoir une influence défavorable. De ce fait, on voit souvent tel homme laid, stupide et grossier supplanter auprès des femmes un homme bien formé, spirituel et aimable », page 2000

 

« Dans le mariage, il ne s’agit pas d’avoir des conversations spirituelles, mais d’engendrer des enfants ; le mariage relie les cœurs, non les têtes », page 2001

 

« ce ne sont pas en général les beautés régulières, parfaites qui allument les grandes passions », page 2002

 

« Le profond sérieux avec lequel nous examinons en détail chaque partie du corps d’une femme, et inversement, la minutie critique avec laquelle nous inspectons une femme qui commence à nous plaire, l’obstination de notre choix, l’attention tendue avec laquelle le fiancé scrute sa fiancée, sa précaution pour n’être trompé sur aucune partie, la grande importance qu’il attache à chaque excès ou défaut dans les parties essentielles – tout ceci est tout à fait approprié à l’importance de l’objectif. », page 2006

 

« Il y a quelque chose de très particulier dans le sérieux profond et inconscient avec lequel, lors de leur première rencontre, deux jeunes gens de sexe différent se dévisagent, dans les regards scrutateurs et pénétrants qu’ils s’adressent, dans l’examen scrupuleux que tous les traits et toutes les parties des deux personnes ont à subir. », page 2007

 

« Le résultat de cette méditation détermine le degré de l’attrait et du désir l’un pour l’autre. Ce dernier, après avoir déjà atteint un degré considérable, peut soudain s’éteindre, par la découverte d’un détail passé inaperçu », page 2007

 

« La langueur désirante de l’amour, que les poètes de tous les temps sont constamment occupés à exprimer par d’innombrables tournures sans pour autant en épuiser la matière, sans même être en mesure de lui rendre justice, cette langueur qui, à la possession d’une femme déterminée, attache la représentation d’une félicité infinie, et à l’idée de ne pas l’obtenir, une douleur indicible, cette langueur douloureuse de l’amour, dis-je, ne peut tirer sa matière des besoins d’un individu éphémère, car elle est le soupir qu’exhale l’esprit de l’espèce, lequel se voit ici obtenir, ou perdre, un moyen irremplaçable pour atteindre ses fins, et, par conséquent, gémit profondément. », page 2011

 

« Il n’est ni forcé ni nécessaire, pour que quelqu’un aime, qu’un certain temps se passe, qu’il y ait réflexion ni choix ; il est seulement requis avec cette première et unique vue une certaine convenance, correspondance, ce que nous appelons vulgairement une confrontation de sang, à quoi les astres nous inclinent volontiers et nous portent par une particulière influence. » (citation extraite du roman Guzman de Alfarache, de Mateo Aleman), page 2012

 

 

 

Publié par :Joël Bécam

Un commentaire sur &Idquo;Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et représentation, Gallimard, folio essais : suite et fin du florilège&rdquo

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