Je n’irai pas

Je n’irai pas à Venise
Je n’irai plus à Avignon
Je ne retournerai pas à Londres
Je ne verrai pas New York
À Bramavadondaine
À Brou de noix cajun
À Cajou de laine
Je n’irai pas non plus
J’ai la berlue l’aber lourd
Le cœur
Sur les lèvres dans la main
Un
Crayon d’or dort
Je ne reverrai pas le Prado
El Retiro les Tuileries la rue
Du chat-qui-pète
Je ne relirai pas
Les derniers jours du Fort de Vaux
Dans la collection Nelson
J’aimerais bien Guernica
Dans la vitrine de Gallimard
Place Clichy en reproduction
Les vertes garennes s’en sont allées
Je ne connaîtrai jamais Syracuse
À Zoladrome
Ou le Maroc à Torontito
Ma cache à Marrakech
N’est pas pour demain
Ni le Vietnam ni la Chine
Je n’irai nulle part
Sucer mon ennui
Avaler ma tristesse
Et d’ailleurs, c’est où, Syracuse
Et la Marée couche là ?
Dans quel trou du cul à rat du vaste monde
Ils nous l’ont mis perdant ?
Tous ces vieux gars
Sous les neiges
Du kilt à tonton loto ?
Je reste pas
Je pars pas peint
Las
La vie file
Les dés sont conspipés
Je suis seul
Grave enrhumé
Fichu poème
Comme il est dur à dévisser

Publié par :Joël Bécam

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