♦   Honoré de BALZAC, Le lys dans la vallée, GF Flammarion, n°254, 314 pages, Chronologie, préface et archives de l’oeuvre par Nicole Mozet
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Florilège

« L’amour a, comme la vie, une puberté pendant laquelle il se suffit à lui-même », page 78

« Les parvenus sont comme les singes desquels ils ont l’adresse : on les voit en hauteur, on admire leur agilité pendant l’escalade, mais, arrivés à la cime, on n’aperçoit plus que leurs côtés honteux », page 80

« Si pour beaucoup d’hommes la misère est un tonique, il en est d’autres pour qui elle est un dissolvant », page 81

« Croyez-le ! une vie d’amour est une fatale exception à la loi terrestre ; toute fleur périt, les grandes joies ont un lendemain mauvais, quand elles ont un lendemain. La vie réelle est une vie d’angoisses : son image est dans cette ortie, venue au pied de la terrasse, et qui, sans soleil, demeure verte sur sa tige », page 105

« ne soyez ni confiant, ni banal, ni empressé, trois écueils ! La trop grande confiance diminue le respect, la banalité nous vaut le mépris, le zèle nous rend excellents à exploiter », page 160

« Mais la société, plus marâtre que mère, adore les enfants qui flattent sa vanité. Quant au zèle, cette première et sublime erreur de la jeunesse qui trouve un contentement réel à déployer ses forces et commence ainsi par être la dupe d’elle-même avant d’être celle d’autrui, gardez-le pour vos sentiments partagés, gardez-le pour la femme et pour Dieu. N’apportez ni au bazar du monde ni aux spéculations de la politique des trésors en échange desquels ils vous rendront des verroteries. Vous devez croire la voix qui vous commande la noblesse en toute chose, alors qu’elle vous supplie de ne pas vous prodiguer inutilement ; car malheureusement les hommes vous estiment en raison de votre utilité, sans tenir compte de votre valeur », page 161

« Les rois comme les femmes croient que tout leur est dû », page 161

« Les devoirs, mon ami, ne sont pas des sentiments. Faire ce qu’on doit n’est pas faire ce qui plaît », page 161

« Une des règles les plus importantes de la science des manières, est le silence presque absolu sur vous-même », page 161

« la jeunesse est toujours encline à ce je ne sais quelle promptitude de jugement qui lui fait honneur, mais qui la dessert », page 161

« la jeunesse possède une science de serre chaude, partant tout acide, qui la porte à juger avec sévérité les actions, les pensées et les écrits ; elle tranche avec le fil d’une lame qui n’a pas encore servi », page 162

« Les jeunes gens sont sans indulgence, parce qu’ils ne connaissent rien de la vie ni de ses difficultés. Le vieux critique est bon et doux, le jeune critique est implacable ; celui-ci ne sait rien, celui-là sait tout. D’ailleurs, il est au fond de toutes les actions humaines un labyrinthe de raisons déterminantes, desquelles Dieu s’est réservé le jugement définitif », page 162

« cette fatale science du monde, l’art d’écouter, de parler, de répondre, de vous présenter, de sortir ; le langage précis, ce je ne sais quoi qui n’est pas plus la supériorité que l’habit ne constitue le génie, mais sans lequel le plus beau talent ne sera jamais admis », page 162

« tous les sentiments doux reposent sur l’égalité des âmes », page 168

« L’observation qui repose sur des souffrances ressenties est incomplète. Le bonheur a sa lumière aussi », page 169

« pour les hommes d’Etat comme pour les acteurs, il est des choses de métier que le génie ne révèle pas, il faut les apprendre », page 175

« la meilleure femme sera d’autant plus cruelle qu’elle a été plus bienfaisante », page 227

« Il faut aimer ses amis comme on aime ses enfants, pour eux et non pour soi. Le moi cause les malheurs et les chagrins », page 238

« Le monde, qui aime tant à pénétrer au-delà des apparences, les légitime dès qu’il connaît le secret qu’elles enveloppent », page 252

« la plupart des femmes qui montent bien à cheval ont peu de tendresse. Comme aux amazones, il leur manque une mamelle, et leurs cœurs sont endurcis en un endroit, je ne sais lequel », page 259

« Elle devina ma douloureuse surprise dans l’effort même que je fis pour la déguiser. Ses lèvres décolorées se tendirent alors sur ses dents affamées pour essayer un de ces sourires forcés sous lesquels nous cachons également l’ironie de la vengeance, l’attente du plaisir, l’ivresse de l’âme et la rage d’une déception », page 269

« Le véritable amour ne calcule rien », page 269

« Nous partons presque tous au matin, comme moi de Tours pour Clochegourde, nous emparant du monde, le cœur affamé d’amour ; puis, quand nos richesses ont passé par le creuset, quand nous nous sommes mêlés aux hommes et aux événements, tout se rapetisse insensiblement, nous trouvons peu d’or parmi beaucoup de cendres. Voilà la vie ! la vie telle qu’elle est : de grandes prétentions, de petites réalités », page 281

« Lorsqu’une vie ne se compose que d’action et de mouvement, tout est bientôt dit ; mais quand elle s’est passée dans les régions les plus élevées de l’âme, son histoire est diffuse », page 287

Posted by:Joël Bécam

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