« Après Notre coeur (1890), Maupassant sombre dans la folie qui l’emportera trois ans plus tard. Or, ce dernier roman publié, loin de marquer le crépuscule d’une inspiration que le temps et la maladie auraient tarie, montre au contraire un souci de renouvellement, tant dans le rejet du naturalisme sordide, que par le choix d’un décor et d’un milieu élégants. « , Quatrième de couverture, extrait. »

Florilège

« Parmi ses intimes il avait surtout des artistes, le romancier Gaston de Lamarthe, le musicien Massival, les peintres Jobin, Rivollet, de Maudol, qui semblaient beaucoup priser sa raison, son amitié, son esprit et même son jugement, bien qu’au fond, avec la vanité inséparable du succès acquis, ils le tinssent pour un très aimable et très intelligent raté. », page 48

« Les appartements sympathiques ou antipathiques, disait-elle, riches ou pauvres, attirent, retiennent ou éveillent ou engourdissent le cœur, échauffent ou glacent l’esprit, font parler ou se taire, rendent triste ou gai, donnent enfin à chaque visiteur une envie irraisonnée de rester ou de partir. », page 49

« Les premiers admis devinrent des intimes, formèrent un fond, en attirèrent d’autres, donnèrent à la maison l’allure d’une petite cour où tout habitué apportait soit une valeur, soit un nom, car quelques titres bien triés étaient confondus avec la roture intelligente. », page 51

« Combien de fois déjà, dans son cabinet de toilette, à Paris, assise devant sa glace, elle s’était demandé : Qu’est-ce que j’aime ? qu’est-ce que je désire ? qu’est-ce que j’espère ? qu’est-ce que je veux ? qu’est-ce que je suis ? », page 107

« Et cependant, chaque fois qu’elle avait senti naître en elle le souci intime de quelqu’un, chaque fois qu’une rivale, lui disputant un homme auquel elle tenait et surexcitant ses instincts de femme, avait fait brûler en ses veines un peu de fièvre d’attachement, elle avait trouvé à ces faux départs de l’amour une émotion bien plus ardente que le seul plaisir du succès. Mais cela ne durait jamais. Pourquoi ? Elle se fatiguait, elle se dégoûtait, elle voyait trop clair peut-être. Tout ce qui lui avait plu d’abord dans un homme, tout ce qui l’avait animée, agitée, émue, séduite, lui paraissait bientôt connu, défloré, banal. Tous ils se ressemblaient trop sans être jamais pareils ; et aucun d’eux encore ne lui avait paru doué de la nature et des qualités qu’il fallait pour la tenir longtemps en éveil et lancer son cœur dans un amour. », page 108

« Qu’allait-elle lui dire ? le mot « aimer » y serait-il ? Jamais elle ne l’avait écrit, jamais elle ne l’avait prononcé sans le faire suivre du mot « bien ». ‒ « Je vous aime bien. » ‒ « Je vous aime beaucoup. » ‒ « Est-ce que je ne vous aime pas ? ». Il les connaissait, ces formules, qui ne disent rien par ce qu’elles ajoutent. Peut-il exister des proportions quand on subit l’amour ? Peut-on juger si on aime bien ou mal ? Aimer beaucoup, comme c’est aimer peu ! », page 172

« Leur corps ainsi n’était plus qu’un prétexte à parures, un objet à orner : ce n’était plus un objet à aimer. Elles ressemblaient à des fleurs, elles ressemblaient à des oiseaux, elles ressemblaient à mille autres choses autant qu’à des femmes. », page 195

Publié par :Joël Bécam

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