« Mais je me suis rendu immédiatement compte que de toute façon ce serait un roman, que je le veuille ou non, car un roman, de nos jours, c’est presque n’importe quoi qu’on fourre entre une première et une quatrième de couverture », page 20.

« Les auteurs qui créent laborieusement leurs pavés de quatre cents pages à partir de fiches et d’une imagination disciplinée ne m’intéressent pas ; ils ne transmettent qu’une information vide, triste, déprimante. Et mensongère, sous ce déguisement de naturalisme. Comme le célèbre Flaubert. Beurk. », page 70

Note du traducteur

(…) Ma longue cohabitation avec l’œuvre, sans doute plus de trois ans, a atténué ma perplexité ‒ mais déjà Le discours vide… ‒, et, après le détachement ‒ après toutes ces questions, ces relectures, ces corrections ultimes et le bon à tirer ‒ je m’aperçois que ce qui m’est resté, c’est le sentiment d’avoir vécu avec et dans un livre mélancolique et drôle, un livre du deuil de l’amour ‒ le dernier amour ‒, un livre sur la mort. Ça n’en fait pas un ouvrage sinistre, bien sûr, mais une œuvre par moments poignante. Je pense que la lecture compulsive de romans policiers, de la littérature « réaliste » donc, témoigne de la fascination de la structure romanesque fermée, à l’intérieur de laquelle tout ou presque prend idéalement sens, une structure que Levrero ne peut pas mettre en place ni dans le prologue ni même dans le roman lumineux lui-même. La lecture de Kafka est passée par là, très sensible dans la « trilogie involontaire ». Je ne suis pas sûr qu’elle soit traduite en français un jour, même disloquée.  

______________

Paru en octobre dernier aux éditions Noir sur Blanc, dans une belle et solide traduction en français de Robert Amutio, Le roman lumineux de Mario Levrero est un livre déroutant, hors norme, qui fascine au risque de déplaire.

En 2000, Mario Levrero reçoit une bourse de la Fondation John-Simon Guggenheim « pour réaliser une correction définitive » des cinq chapitres déjà écrits d’un roman intitulé Le Roman lumineux « et écrire les chapitres nécessaires pour compléter le roman ». L’entreprise, apparemment, échoue. En son lieu et place, Mario Levrero se contente d’écrire un prologue (lui qui les détestait, apprend-t-on en quatrième de couverture…) à ce qui aurait dû être la continuation du roman lumineux.

Et quel prologue ! Intitulé « Journal de la bourse » (la bourse Guggenheim, pas celle de Wall street !) il couvre plus de 400 pages, 445 exactement. Il est écrit sur une assez courte période, un an exactement, entre août 2000 et août 2001. Et il peut être considéré lui aussi, nous dit l’auteur, « comme une suite du roman lumineux, mais seulement du point de vue thématique ».

En bref, ce qui aurait dû être la suite est bien une suite, mais, dès lors qu’elle consiste en un prologue, elle se retrouve placée au début !

Les cinq premiers chapitres déjà écrits bien avant 2000, sont relégués pour leur part à la fin du roman. S’y ajoute un texte d’une vingtaine de pages : « Première communion » ; renforçant le malaise, il contribue à brouiller les pistes… Cet ensemble couvre un peu plus de 100 pages ; le roman dans son intégralité en comporte 583.

« Levrero a tour à tour été journaliste, animateur d’ateliers d’écriture virtuels, vendeur de livres d’occasion, auteur de mots croisés et de scénarios de bande dessinée, photographe et parapsychologue » apprend-t-on sur le site des Éditions Noir sur Blanc. Autant dire qu’il a toujours tiré le diable par la queue et éprouvé des difficultés à « joindre les deux bouts »… La bourse Guggenheim représente pour lui une source de revenus non négligeable. À condition qu’il surveille de près ses dépenses, elle doit lui permettre de vivre sans travailler, si l’on excepte les quelques ateliers d’écriture qu’il anime, pendant environ un an.

Cependant, encore faut-il honorer le contrat qui le lie à la fondation, et donc corriger les chapitres écrits et écrire la suite du roman lumineux… C’est à ce stade que les choses se gâtent ; l’auteur est aussitôt rattrapé par ses démons favoris : la procrastination, l’obsession, l’autodestruction…

C’est ce que réussit néanmoins à faire Mario Levrero : écrire Le roman lumineux (qu’il qualifie parfois, par coquetterie, de roman ténébreux !).

Ecrivant dans l’urgence et une certaine précipitation, sans plan déterminé, avec toutefois une idée assez précise de ce qu’il veut faire. Toujours sur le fil du rasoir. Avec l’angoisse de ne pas savoir quoi dire, de rester coi. Avec aussi la conscience aigüe du fait que c’est en écrivant que la conscience se forme et que les choses se révèlent à lui. Hors l’écriture point de salut, c’est l’ennui qui le gagne, voire la dépression… Levrero écrit d’abord pour conjurer l’angoisse, mais parmi toutes les angoisses qui l’assaillent, et qu’il ressasse à l’envi, celle de devoir se mettre à écrire est probablement la plus forte…

La lecture du roman lumineux m’a plongé dans un bain de sentiments contradictoires ; un mélange d’enthousiasme, d’ennui, d’admiration et de perplexité ; je l’ai déjà dit (Voir ici).

Ma perplexité concerne la structure même de ce roman. Délibérément mal fichue, éminemment bancale ! car telle est la volonté de l’auteur. Songé qu’au journal de la bourse, il avait le projet d’ajouter les pages, déjà écrites elles aussi, de ce qui allait devenir Le discours vide (Voir ici)… Il y a fort à parier que, s’il l’avait fait, il eût cette fois perdu son lecteur irrémédiablement.

Perdre son lecteur ; sans qu’il l’avoue franchement, c’est sa hantise en effet ; c’est probablement celle de tous les écrivains.

Que son roman soit construit bizarrement, Levrero ne s’en cache pas. Il prend le risque d’innover, donc de déplaire ; reconnaissons-lui cette audace et ce courage.

Dès la page 20, il déclare : « Mais je me suis rendu immédiatement compte que de toute façon ce serait un roman, que je le veuille ou non, car un roman, de nos jours, c’est presque n’importe quoi qu’on fourre entre une première et une quatrième de couverture », page 20.

Dans ce « presque n’importe quoi », les multiples facettes de la vie quotidienne de l’auteur ont la part belle :

.- son obsession de l’ordinateur (Il passe des heures devant son écran, collectionne les programmes, en crée à l’occasion, soi-disant pour ses besoins propres, mais en réalité plutôt pour se prouver à lui-même qu’il en est capable) ;

.- son goût prononcé pour les collections de photos de filles nues (Japonaises de préférence, qu’il récupère ici ou là sur le web et qu’il stocke, par centaines, sur son disque dur) ;

.- sa contemplation maladive, morbide même, des pigeons qui vont et viennent sur la terrasse de l’immeuble où il habite, auprès du cadavre de l’un d’entre eux ;

.- ses démêlés avec « Chl », son ex-compagne avec laquelle il a conservé des liens forts d’amitié ; sans compter toutes les autres femmes qu’il a aimées, dont il nous parle avec ferveur ;

.- les divers maux qui l’assaillent (une opération de la vésicule biliaire, des aigreurs d’estomac récurrentes, une peur inavouée du dentiste, ses multiples malaises en lien avec la chaleur torride des étés à Montevideo…) ;

.- sa passion dévorante pour les romans policiers (Il les achète d’occasion, toutes les semaines, chez les bouquinistes ; il rachète parfois ceux qu’il a déjà lus). Cette passion l’a conduit à en écrire un : J’en fais mon affaire (Voir ici).

Levrero est égocentré, il se justifie ainsi : « et je ne dois pas oublier que, là où il n’y a pas de narcissisme, il n’y a pas d’art possible ni d’artiste », page 176. Cet égocentrisme, mêlé de beaucoup d’humour, peut amuser et attendrir, ou agacer à d’autres moments. On a parfois envie de lui lancer : « ¡Hola Mario! Deja de rascarte las heridas y de mirarte el ombligo! ».

Mario Levrero refuse le style, et d’une manière générale, tout ce qui peut apparaître comme créé pour, fabriqué pour (Cf. la citation que je mets en exergue, où il déclare détester Flaubert). Cependant, que le lecteur puisse le lâcher, refermer le livre, le préoccupe, l’inquiète même. Il veut le garder, le séduire, se refusant toutefois à lui faire la plus petite concession. Ce désir de séduire le lecteur est inversement proportionnel aux moyens de séduction qu’il accepte de déployer sous nos yeux. Car selon lui, pour séduire, il existe d’autres moyens que ceux de la fiction, et parmi ceux-ci, le meilleur moyen est encore de dire la vérité.

« Jusqu’à ce que je lise Kafka, je ne savais pas que l’on pouvait dire la vérité » déclare-t-il lors d’une interview.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la leçon de Kafka aura été bien retenue !

Florilège

« Au début, j’avais regimbé autant que je le pouvais contre l’opération. Les médecins étaient catégoriques, mais les médecins sont toujours catégoriques, en particulier les chirurgiens, et l’on sait que les chirurgiens sont bien payés pour leurs opérations. J’ai lu à ce sujet une fois quelque chose de Bernard Shaw que je partage pleinement ; il soulignait cette absurdité : décider de l’intérêt d’une opération incombe justement au chirurgien qui va encaisser quelques bons billets pour la faire », page 13

« Tous les jours, tous les jours, même si ce n’est qu’une ligne pour dire que je n’ai pas envie d’écrire aujourd’hui, ou que je n’ai pas le temps, ou pour donner n’importe quelle excuse. Mais tous les jours », page 17

« L’oisiveté, voilà qui demande du temps. On ne peut pas l’obtenir comme ça, du jour au lendemain, par simple absence de tâche », page 18

« Aujourd’hui, aussi, je me suis réveillé avec la détermination de ne pas relire ce que j’écris dans ce journal, du moins pas souvent, pour que ce journal soit un journal et non un roman… (…) Mais je me suis rendu immédiatement compte que de toute façon ce serait un roman, que je le veuille ou non, car un roman, de nos jours, c’est presque n’importe quoi qu’on fourre entre une première et une quatrième de couverture », page 20

« … ce que je combats en tant que troubles, sans pouvoir les vaincre, ce ne sont en réalité pas des troubles, mais d’admirables solutions que j’ai trouvées, inconsciemment, pour pouvoir survivre », page 27

« Maintenant que j’envisage un « retour » à moi-même et à ma littérature, que j’envisage de reprendre un roman laissé inachevé il y a plus de quinze ans, le rêve me dit que je ne vais pas pouvoir y parvenir sans les clés de moi-même, que j’ai moi-même cachées », page 29

« ça signifie que je suis revenu à mes habitudes : enfoncer, enfouir bien profond ce que je n’aime pas, faire comme si ça n’existait pas. Le prix à payer est très élevé. Mais je ne sais pas comment convoquer les émotions », page 34

« L’esprit est comme une denture qui a besoin de mastiquer tout le temps », page 39

« On peut dire que ça a été une journée perdue ; mais j’attends encore de savoir ce qu’est une journée gagnée », page 41

« Ça a beau me terrifier, je dois reconquérir ma solitude – si vraiment je veux travailler à ce roman », page 43

« Mais je ne veux pas continuer à me préparer à un futur qui, comme le montre l’expérience, ne se présente jamais tel qu’on l’a calculé. Laissons aller les choses », page 56

« je ne peux jamais savoir si ce que je suis en train de penser, ou ce qui me vient à l’idée, a surgi de mon esprit par un processus personnel ou provient de l’extérieur, d’un autre esprit. De nouveau se pose la question des limites du moi, la question de la tangibilité de ce que nous nommons « individu ». Je me rappelle une citation que j’ai lue il y a longtemps, attribuée à Einstein (je cite de mémoire, bien sûr) : « Que nous nous percevions comme des individus séparés n’est rien d’autre qu’une illusion d’optique », page 62

« La tristesse face à la mort de l’autre est quelque chose que je ne comprends pas très bien, ou plutôt si, je comprends que c’est une tristesse vis-à-vis de nous-même et non pas du mort, dont il n’y a rien à déplorer – tristesse à cause de ce qui nous manque, à cause de ce que nous avons négligé de dire et de faire, à cause de la faute réelle ou imaginaire », page 66

« Les auteurs qui créent laborieusement leurs pavés de quatre cents pages à partir de fiches et d’une imagination disciplinée ne m’intéressent pas ; ils ne transmettent qu’une information vide, triste, déprimante. Et mensongère, sous ce déguisement de naturalisme. Comme le célèbre Flaubert. Beurk. », page 70

« Quand on est jeune et inexpérimenté, on cherche dans les livres des sujets tape-à-l’oeil, du même genre que dans les films. Avec le temps, on découvre que le sujet n’a guère d’importance ; le style, la manière de raconter, est tout », page 73

« Ensuite, je disais quelque chose sur nous, les écrivains maudits (…) et je me mettais à pleurer d’une manière irrésistible, inconsolable. Je me suis réveillé avec cette douleur dans l’âme, avec cette douleur qui était en même temps de la pitié pour Doña Rosa, pour tous les écrivains qui ont souffert des mauvais traitements de l’establishment, et bien sûr pour moi-même », page 89

« J’ai découvert que le temps libre ne consiste pas nécessairement à s’asseoir dans un fauteuil et à devenir nerveux dans l’attente de l’angoisse diffuse », page 108

« le temps libre est une disposition de l’âme, quelque chose qui accompagne n’importe quel genre d’activité ; ce n’est pas la contemplation du vide, et moins encore le vide lui-même ; c’est, comment le dire, une manière d’être. », page 108

« S’asseoir dans un fauteuil sans rien faire n’implique pas nécessairement du temps libre ; et faire la vaisselle peut impliquer du temps libre, si on a la disposition adéquate. La disposition adéquate, dans le cas de faire la vaisselle, c’est de faire la vaisselle comme si cétait la chose la plus importante du monde. Non pas comme si elle l’était ; c’est la chose la plus importante, comme n’importe quelle autre chose que je serais en train de faire en ce moment, et c’est du temps libre dans la mesure où la chose que je fais me laisse l’esprit libre, ne le contraint pas, ou ne le contraint que pour la contemplation de la chose que je fais », page 108

« et je ne dois pas oublier que, là où il n’y a pas de narcissisme, il n’y a pas d’art possible ni d’artiste », page 176

« Je ne veux pas imaginer tout ce qu’il me reste à faire ; ce n’est pas thérapeutique de ne faire attention qu’aux manques », page 212

« La plus grande erreur réside dans la conception même du roman, certainement une nécessité de Doña Rosa de suivre je ne sais quelle mode du jour, puisque, dans ses notes autobiographiques, elle n’a jamais caché qu’elle avait besoin de se faire connaître et d’occuper une place dans les lettres espagnoles ; elle croyait naïvement que le mérite suffisait, méconnaissant que, dans la carrière littéraire, comme dans toute carrière, tout est surtout affaire de politique, ou de mafia. Le talent et la modalité naturelle de Rosa Chacel auraient dû l’obliger à se tenir volontairement dans l’ombre, se vouant à la culture des lettres par seule nécessaité spirituelle ou vitale, mais il n’en a pas été ainsi. Et c’est certainement de cette manière que sont nées des horreurs du genre Barrio de Maravillas », page 213

« Ç’a été une sale journée, psychiquement sale. Je me suis trouvé dans un état de confusion mentale qui a duré jusqu’à maintenant, créant une distance entre moi et le monde, entre moi et moi. », page 225

« Quoi qu’il en soit, j’ai trouvé le spectacle énormément plaisant à contempler ; il y a quelque chose dans la réalité, quand elle paraît irréelle, qui fascine. Quand un ciel ressemble à des rideaux de théâtre peints, le frisson qu’il produit est différent de celui de n’importe quelle autre forme de perception ; l’oeuvre d’art la mieux travaillée a toujours quelque chose qui la dénonce comme œuvre d’art, par exemple le cadre des tableaux », page 247

« Le fait est que savoir que je ne sais pas que je suis déprimé ne me permet pas de savoir si je suis déprimé ou pas », page 269

« Dès qu’elle s’aperçoit que c’est une blague, elle se ferme. Elle cesse de comprendre. A la fin de la blague, elle ne rit pas ni ne saisit pourquoi moi ça me fait rire. Elle est pourtant tout à fait capable de comprendre parfaitement et de rire aux histoires drôles les plus subtiles – à condition qu’elles n’aient pas l’air de blagues. Je suis arrivé à la conclusion que Chl, comme beaucoup, beaucoup d’autres femmes, capte intuitivement la significatrion psychologique du système de raconter des blagues et se rend compte qu’en réalité c’est une manière camouflée de pénétration sexuelle. Le rire équivaut à l’orgasme. Quand un homme raconte une blague à un autre homme, il exerce le droit à sublimer son homosexualité latente, l’un des rares droits de ce type socialement permis. C’est ce que je pense et ça m’a l’air assez convaincant. Il est très possible que les femmes qui se ferment aux blagues se ferment aussi (d’une manière ou d’une autre) à la pénétration sexuelle. », page 282

« Et ce qui me met encore plus en colère, c’est le fait que je sois en colère. Je comprends la tristesse, pas la colère. Pas la jalousie », page 441

« Voilà quelles ont été mes activités ces derniers mois, et la lecture de romans policiers, toujours à un rythme d’un par jour environ, et pas grand-chose de plus », page 443

« J’ai un grand problème avec ce journal ; avant de m’endormir, je pensais que, par sa structure de roman, il devrait déjà toucher à sa fin, mais sa qualité de journal ne me le permet pas simplement parce qu’il y a longtemps qu’il n’arrive rien d’assez intéressant dans ma vie pour parvenir à une fin digne. Je ne peux pas tout bonnement poser le mot « fin » ; il doit y avoir quelque chose, un truc spécial, un fait qui illumine le lecteur sur tout ce qui a été dit avant, qui justifie la pénible lecture de cette quantité de pages accumulées ; une fin, en somme », page 445

« Mais ça ne m’intéresse pas de vendre des livres ; ça ne m’a jamais intéressé. Et le comble, c’est que ce n’est pas vrai que je suis fatigué de vivre. Je pourrais continuer à mener exactement le genre de vie que je mène maintenant durant tout le temps que le bon Dieu voudrait me concéder, et même de manière indéfinie. S’il est vrai que certains de mes comportements me gênent, il est aussi vrai que je ne fais guère d’efforts pour les combattre. En réalité, je suis heureux, je suis à l’aise, je suis content, même à l’intérieur d’une certaine dominante dépressive », page 446

« Un unique, éternel crépuscule du matin, c’est ce qu’a été, et est, la vie que j’ai menée ces dernières années – ne pas demander combien », page 460

« Mais il est probable qu’en effet, en écrivant – comme toujours – sans plan, même si cette fois-ci je sais très bien ce que je veux dire, les choses commencent à émerger, à s’ordonner. Je sens déjà le goût ancien de l’aventure littéraire, dans la gorge. Ce n’est pas une métaphore ; c’est un authentique goût, à la fois amer et douceâtre, quelque chose que j’associe vaguement à l’adrénaline », page 465

« Parce que ces feuilles m’ont donné beaucoup plus que la satisfaction d’un besoin – elles m’ont fait sentir que ma littérature était plus importante que moi-même, ce qui, indépendamment de la valeur objective de ma littérature, est certain ; parce que, bonne, moyenne ou mauvaise, elle me dépasse », page 474

« L’amour, l’esprit, est un souffle éternel qui passe à travers les tuyaux vides que nous sommes », page 485 

Publié par :Joël Bécam

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