Est-ce ainsi que les écrivains naissent ?

Il disait
Ils disaient…

Il disait ils disaient « Ferme ta boîte à camembert »/ Il disait ils disaient « Elle a fait l’exode sur une barrique »/ Il disait ils disaient à toute vitesse sinon ça marche pas : « Y’a ma moto qu’a des ratés »/ Il disait ils disaient à toute vitesse sinon ça marche pas : « Qui pète trop vite chie »/ Il disait ils disaient à toute vitesse sinon ça marche pas : « Tes laitues naissent-elles ? Si tes laitues naissent, mes laitues naîtront »/ Il disait ils disaient à toute vitesse sinon ça marche pas : « Ta chatte a pété ? T’as ChatGPT ? »/ Il disait ils disaient à toute vitesse sinon ça marche pas : « Qu’a bu l’âne au lac ? l’âne au lac a bu l’eau »/ Il disait ils disaient « C’est le pied »/ Il disait ils disaient « Rouler une pelle, un patin, un palot »/ Il disait ils disaient « Rouler une galoche »/ Il chantait « Je suis tombé par terre, C’est la faute à Voltaire, Le nez dans le ruisseau, C’est la faute à Rousseau »/ Il disait ils disaient « Elle est plate comme une limande »/ Il disait ils disaient « Elle a un beau cul »/ Il disait ils disaient « Y’a pas l’feu »/ Il disait ils disaient « Y’a pas l’feu au lac »/ Il disait ils disaient « Tu peux toujours courir »/ Il disait ils disaient « Avant l’heure, c’est pas l’heure, après l’heure, c’est plus l’heure »/ Ils disaient « L’ordinaire est fait, l’urgent va partir, pour les miracles, on demande vingt-quatre heures de délai »/ Il disait ils disaient « Trop, c’est trop »/ Il disait ils disaient « C’est pas la peine d’en rajouter »/ Il disait ils disaient « Pauv’ pomme »/ Il disait ils disaient « Pauv’ tache »/ Il disait ils disaient « Pauv’ con »/ Il disait ils disaient «  Ça met du beurre dans les épinards »/ Il disait ils disaient « C’est la fin des haricots »/ Il disait ils disaient « Les haricots coco font de la bonne soupe ! »/ Il disait ils disaient « Ça va pas aller en s’arrangeant »/ Il disait « J’en ferais bien mon quatre heures »/ Il disait « Il a un œil qui dit merde à l’autre »/ Il disait ils disaient « On va boire un pot ? »/ Il disait ils disaient « Banane ! »/ Il disait ils disaient « Omo est là, la saleté s’ en va »/ Il disait ils disaient « Génie sans bouillir »/ Il disait ils disaient « Persil lave plus blanc »/ Il disait ils disaient « Il se fourre le doigt dans l’oeil jusqu’au slip »/ Il disait ils disaient « Y’a bon Banania ! »/ Il disait ils disaient « Bon sang mais c’est bien sûr ! »/ Il disait ils disaient « C’est vrai ça, c’est vrai ! »/ Il disait ils disaient « CRS… SS ! »/ Il disait ils disaient « ras-le-bol, ras la casquette, ras du minou, ras la touffe, ras l’bonbon, ras des pâquerettes »/ Il disait ils disaient « Raz-de-marée », il(s) ne disai(en)t pas « Tsunami »/ Il disait ils disaient « T’as un point de suspension dans le calbut »/ Il disait ils disaient « Faut pas chercher midi à quatorze heures »/ Il disait « C’est rigolo, mais c’est salaud »/ Ils disaient « T’as d’beaux yeux, dommage que tes oreilles les cachent »/ Il disait ils disaient « J’ai eu du cul »/ Il disait ils disaient « Tu pues du cul »/ Il disait ils disaient « Que dalle », « Macache bono », « Niet ! »/ Il disait, d’un air ennuyé : « L’amour, ce n’est que le contact de deux épidermes », sans rien savoir de l’amour, et sans connaître Chamfort/ Il disait ils disaient « Le flirt c’est la main sur le machin, le machin dans la main, mais jamais le machin dans le machin »/ Il disait ils disaient « Parle à mon cul ma tête est malade »/ Il disait ils disaient « Je compte jusqu’à trois ! »/ Il disait ils disaient « Ça va saigner »/ Il disait ils disaient « T’as pas un clope ? »/ Il disait ils disaient « Elle a un marmot dans l’placard, un polichinelle dans l’tiroir »/ Il disait ils disaient « Vivre à cent à l’heure »/ Il disait ils disaient « à fond les manettes », « plein gaz »/ Il disait ils disaient « à l’asile », il(s) ne disai(en)t pas « à l’HP »/ Il disait ils disaient « Tu ne vas pas nous chier une balance ? »/ Il disait ils disaient « Faire la foire », il ne disait pas « Faire la fête »/ Il disait ils disaient « Couper les nouilles au sécateur, couper les couilles au sénateur »/ Il disait ils disaient « C’est pas une sinécure »/ Il disait ils disaient « C’est pas la mer à boire »/ Il disait ils disaient « J’en ai rien à branler », il(s) ne disai(en)t pas « J’en ai rien à battre »/ Il disait ils disaient « Je m’en branle », il(s) ne disai(en)t pas « J’m’en bas les couilles »/ Il disait ils disaient « Passe-moi ta chiotte, ta bécane, ta mob »/ Il disait ils disaient « Passe-moi ton bicloune »/ Il disait ils disaient « Faut pas pousser mémère dans les orties »/ Il disait ils disaient « J’ai mal occu… pé ma jeunesse »/ Il disait « T’as un toto sur ta limace », mais c’était avant/ Il disait ils disaient « Qu’est-ce qu’on lui coupe ? »/ Il disait « Arrête de chialer comme ça »/ Il disait ils disaient « Pleure pas la bouche pleine »/ Il disait ils disaient « Quand les poules auront des dents »/ Il disait ils disaient « Va te faire voir chez les grecs »/ Il disait ils disaient « Il est con comme ses pieds »/ Il disait ils disaient « Bonjour les dégâts »/ Il disait ils disaient « Ça s’est barré en sucettes »/ Il disait ils disaient « Et mon cul c’est du poulet ? »/ Il disait ils disaient « Mets pas tes pieds sur la commode »/ Il disait ils disaient « Quoi d’neuf ? Rien qu’du vieux »/ Il disait ils disaient « C’est celui qui le dit qui l’est ! »/ Il disait ils disaient « Cause toujours mon lapin ! »/ Il récitait « Je vous salue Marie pleine de crasse »/ Il disait « On est serrés comme des sardines »/ Il disait « T’as pas les yeux en face des trous »/ Il disait « Si tes chaussettes ont des trous, envoie-moi les trous que j’les raccomode »/ Il disait ils disaient « T’as pas cent balles ? »/ Il disait « Je l’ai envoyé promener, tu penses bien »/ Il disait ils disaient « Si j’avais su je s’rais pas v’nu »/ Il disait ils disaient « Casse-toi d’là que j’m’y mette ! »/ Il disait « Ne crois surtout pas ça »/ Il disait ils disaient « Minute papillon ! »/ Il disait ils disaient « Fais gaffe ! »/ Il disait « Il a un tiroir-caisse à la place du coeur »/ Il disait « Il a le cœur à gauche et le portefeuille à droite »/ Il disait « Je ne sais pas ce qui me retient de lui en coller une »/ Il disait « Ils vivent à la colle »/ Il disait ils disaient « Il jette l’argent par les fenêtres »/ Il disait ils disaient « Il brûle la chandelle par les deux bouts »/ Il disait « L’habitude est une seconde nature »/ Il disait ils disaient « Il gagne à être connu »/ Il disait « J’ai le trouillomètre à zéro »/ Elle disait « J’ai la pétoche »/ Il disait ils disaient « Méfiez-vous de l’eau qui dort »/ Il disait « Elle a pas l’air comme ça, mais »/ Il disait « Elle a un cœur d’artichaut »/ Il disait « Elle est jolie comme un coeur »/ Il disait « C’est un p’tit cœur à prendre ! »/ Il disait ils disaient « un quarante-trois fillette »/ Elle disait « Il a voulu m’embrasser », « Il m’a mis la main aux fesses »/ Il disait « J’m’suis fait baiser »/ Il disait « On s’est quittés bons amis »/ Il disait « On fait la course ?! »/ Il disait ils disaient « Un con qui marche va plus loin qu’un génie assis »/ Il disait : « Un génie trouve toujours deux cons pour le trimbaler en chaise à porteur »/ Il disait « J’ai plus qu’à m’tirer une balle ! »/ Il disait ils disaient « La grandeur de la France »/ Il disait ils disaient « Sous les pavés la plage »/ Il disait ils disaient « bouffer de la vache enragée »/ Il disait « Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger »/ Il disait « Toi, tu iras casser des cailloux, et tu verras ton frère qui passe devant toi au volant d’une Mercédès sans te regarder. »/ Il disait « J’en peux plus d’celle-là »/ Il disait « Bécam ! vous m’écrirez cent fois Je ne dois pas bavarder avec mon voisin ! »/ Il disait « Bécam ! Au piquet ! »/ Il disait « M’sieu ! M’sieu ! C’est pas ma faute c’est lui qui cause ! »/ Il répétait « J’veux pas savoir, Bécam ! C’est cent lignes ! Pour demain ! »/ Il soupirait/ Il chuchotait « j’te casse la gueule à la récré… »/ Il criait ils criaient « Du… sang ! Du… sang ! Du… sang ! », faisant cercle autour des combattants, à la récré/ Il disait « C’est quoi l’sujet ? »/ Il disait « Pas d’témoin, pas d’papier, va t’laver les pieds ! »/ Il disait ils disaient « Il n’en fait qu’à sa tête »/ Il disait ils disaient « Il a la tête près du bonnet »/ Il disait ils disaient « Il est tête en l’air »/ Il disait « N’oublie pas ta tête ! »/ Elle disait « Mais où ai-je la tête ! »/ Il disait « C’est un truc à la mords-moi l’noeud »/ Il disait « À la va comme j’te pousse »/ Il disait « Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se brise »/ Il disait « Tout ça, c’est de l’à-peu-près »/ Cioran disait « Je bricole dans l’incurable »/ Il disait « C’est qui, lui ? »/ Il disait ils disaient : « le puceau », « la pucelle »/ Il disait « C’est moderne »/ Il disait « C’est pas moderne »/ Elle disait « j’t’en ficherais moi (des, de la, du) ! »/ Il(s) disai(en)t, il(s) chantai(en)t « Fais-moi du couscous chéri »/ Il(s) disai(en)t, il(s) chantai(en)t « Chérie je t’aime, chérie je t’adore »/ Il disait « J’aurais jamais cru ça »/ Il(s) disai(en)t, il(s) chantai(en)t « Et v’lan ! Pass’-moi l’éponge ! Et v’lan Gouzi Gouzi »/ Il disait « Les gosses des cités », il ne disait pas « La racaille des banlieues »/ Il disait « Il est vieux jeu, il est vieille France », il ne disait pas « Il est has been »/ Il disait « Il est ringard », il ne disait pas « Il est has been »/ Il disait « J’ai trop de travail, je suis submergé », il ne disait pas « Je suis surbooké, je suis à la ramasse »/ Elle disait « À quoi tu penses ? », il répondait « À rien »/ Elle(s) demandai(en)t « Est-ce que tu m’aimes ? », il(s) répondai(en)t « Mais bien sûr chérie ! »/ Elle(s) soupirai(en)t ?/ Il elle lui disait « Je t’aime », elle il lui répondait « Moi aussi »/ Ou moi non plus/ Il elle disait « Tu n’as que ça à faire ? », elle il ne lui répondait pas/ Il disait « C’est quoi ta vocation ? », « C’est quoi ton idéal ? »/ Elle disait « C’est quoi ton idéal d’homme ? »/ Il disait ils disaient « Qu’il est doux de ne rien faire quand tout s’agite autour de vous »/ Il(s) disai(en)t, il(s) chantai(en)t « Voulez-vous coucher avec moi ce soir ? »/ Ils disaient (pas nous, c’est trop affreux) « Dans les dents la soutane »/ Ils disaient (pas nous, c’est trop affreux) « Tête au sac »/ Ils disaient (pas nous, c’est trop affreux) « Ça sent la p’tite fille »/ Il disait ils disaient « Il est friqué », il(s) ne disai(en)t pas « Il est blindé de thunes »/ Il se répétait « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour perséverer »/ Il disait « J’en fais mon affaire »/ Il disait « J’en fais pas une affaire »/ Il disait « N’en fais pas un drame ! »/ Il disait « N’en fais pas tout un fromage ! »/ Il disait ils disaient « Il a pas inventé le fil à couper l’beurre »/ Il disait ils disaient « Les quilles à la vanille, les gars au chocolat »/ Il disait ils disaient « Je déclare la guerre à… »/ Il disait ils disaient « Un, deux, trois… Soleil ! »/ Les vieux disaient « C’était l’bon temps »/ Les vieux disaient « De not’ temps »/ Les vieux disaient « C’est à croire que vous n’avez jamais été jeune, vous ! »/ Les vieux disaient « Il faut que jeunesse se passe »/ Les vieux disaient « Il faut que jeunesse se tasse »/ Les vieux disaient « Vous verrez, quand vous aurez notre âge »/ Les vieux disaient « À ton âge ? tu n’as pas honte ! »/ Les vieux disaient « À mon âge on m’la fait plus ! »/ Pompidou citait Paul Éluard « Moi mon remords ce fut, La victime raisonnable au regard d’enfant perdu… »/ Les vieux disaient « Quel temps de chien ! »/ Les vieux disaient « C’est pas une grosse perte »/ Il disait ils disaient « Vous m’en direz tant »/ Il disait ils disaient « Il pète plus haut que son cul »/ Il disait « Si vous croyez que j’ai qu’ça à faire ! »/ Elle nous disait « Ne parle jamais à un inconnu »/ Elle nous disait « Arrête de faire ton intéressant »/ Il disait « Ah ! Les culs bénis ! »/ Il disait « On lui donnerait le bon Dieu sans confession »/ Il disait « Vain Dieu ! »/ Il disait « On arrête là, demain y f’ra jour »/ Il disait « Laissez venir à moi les petits enfants »/ Il disait « Doux Jésus ! »/ Il disait ils disaient (on dit toujours ?) « Alors, ça mord ? »/ Il écoutait « la radio qui vous encule par les oreilles »/ Il disait ils disaient (on dit toujours ?) « Putain fait chier »/ Il disait ils disaient (on dit toujours ?) « boire la tasse »/ Elle disait « Ce qu’il lui faut, c’est une longue comme ça ! »/ Il disait « J’veux pas mourir avant d’avoir connu l’amour »/ Je disais « Ma vie est un brouillon que je n’aurais jamais le temps de mettre au propre »/ Il disait ils disaient « C’est c’laaa… oui ! »/ Il disait ils disaient « Ça casse pas trois pattes à un canard »/ Elle disait « Je crois toujours au père Noël, moi, Joël »/ Elle disait « Noyeux Joël ! »/ Elle avait du talent, tous ceux qui avaient vu le savait, aucun ne le disait/ Il disait elle disait « Ça m’est égal »/ Il disait, il chantait « Un jour, tu verras, on se rencontrera, Quelque part, n’importe où, guidé par le hasard »/ Il disait « Il a une tête à claques »/ Ils disaient (pas nous, c’est trop affreux) « Son cul, c’est un garage à bite »/ Il disait « J’peux pas l’encaisser »/ Il disait « J’peux pas l’piffer »/ Il disait « J’peux pas l’voir en peinture »/ Il ne disait pas « J’le kiffe, j’la kiffe, j’le kiffe pas, j’la kiffe pas »/ Il disait « Ça gaze ? »/ Il disait « Le Gaspard le gaz part »/ Il disait « À toute berzingue »/ Il allait voir « L’Amour en quatrième vitesse », avec Elvis dans le rôle principal/ Il racontait : « Elvis rencontre Brigitte, Elvis dit à Brigitte « T’as de belles jambes, Brigitte… », Brigitte répond : « Oh, Elvis ! », Elvis dit à Brigitte « T’as de beaux yeux, Brigitte », Brigitte répond : « Oh, Elvis ! », Elvis dit à Brigitte « T’as un beau cul, Brigitte », Brigitte répond : « Oh, Elvis ! », Elvis dit à Brigitte « T’as d’beaux seins, Brigitte », Brigitte répond : « Oh, Elvis, presse-les ! »/ Ils disaient « Ça va pas faire avancer le Schmilblick »/ Ils disaient « Est-ce qu’on peut tirlipoter avec le Schmilblick ? »/ Ils disaient « Hé ! Duchmol ! »/ Ils disaient : « Hé ! Du g’nou ! »/ Ils disaient : « Hé ! Dubignou ! »/ Ils disaient « Trou du cul sans fesses »/ Il(s) ne disai(en)t pas « Il a de la chance », ils disaient « Il a le cul bordé de nouilles »/ Il disait « La bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe »/ Il disait « Ça me glisse dessus comme sur les plumes d’un pigeon »/ Il disait ils disaient « Laisser pisser le mérinos »/ Il disait ils disaient « Laisse pisser ! »/ Plus tard, Il disait ils disaient « Laisse tomber ! »/ Tout de suite après, Il disait ils disaient « Laisse béton ! »/ Plus tard encore, Il disait ils disaient « Lâche l’affaire ! »/ Il lisait la rubrique « Rire le meilleur remède » de Sélection du Reader digest/ Il lisait la rubrique « L’être le plus extraordinaire que j’ai rencontré » de Sélection du Reader digest/ Il disait « Qu’est-ce qui pèse le plus lourd : un kilo d’plume ou un kilo d’plomb ? »/ Il s’ennuyait, il rêvassait, à l’arrière, de la Dauphine Bleu Dubarry/ Il disait « Il en tient une couche »/ Il disait « Pierre qui roule n’amasse pas mousse »/ Il disait « Rien ne sert de courir il faut partir à point »/ Il disait ils disaient « Il a l’esprit dans la culotte »/ Il disait ils disaient « J’ai le moral dans les chaussettes »/ Il disait « entre guillemets », il ne faisait pas de signes crochus avec l’index et le majeur de chaque main/ Les vieux disaient « Y’a qu’à leur botter les fesses ! »/ Il criait ils criaient « C’est pour le Chili ! »/ Il criait ils criaient « ¡No pasarán! »/ Il lisait « Le mystère du vieux Manoir » de Enid Blyton/ Il n’a jamais lu « Harry Potter » de Joanne Rowling/ Il ne lira jamais « Harry Potter » de Joanne Rowling/ Il ignorait que lorsque Enid Blyton est morte, Joanne Rowling avait trois ans/ Maurice Chevalier chantait « Dans la vie faut pas s’en faire, Moi je m’en fais pas, Toutes ces p’tites misères, Seront passagères, Tout ça s’arrangera »/ Il disait, singeant Jean Marais, dans Le Bossu « Mais oui Monseigneuuur ! »/ Il disait ils disaient « Va voir là-bas si j’y suis »/ Il disait « Je vais lui mettre un pain ! »/ Il disait ils disaient « On n’est pas des boeufs ! »/ Il disait ils disaient « C’est le premier pas qui coûte »/ Il disait ils disaient « Entre les deux mon cœur balance »/ Il disait ils disaient « Un tien vaut mieux que deux tu l’auras »/ Il récitait « Pater noster, qui es in caelis sanctificetur nomen tuum »/ Il chantait « La mer a des reflets d’argent, Sous la pluuuiii… e ! »/ Il disait ils disaient « Un caca nerveux »/ Il disait ils disaient « C’est une couille molle »/ Il disait ils disaient « L’occasion fait le larron »/ Il disait « Tu as un oeil qui regarde la tour Eiffel et l’autre l’Arc de Triomphe »/ Il disait ils disaient (on dit toujours ?) « Ça sent pas la rose, ici ! »/ Il disait ils disaient (on dit toujours ?) « Ça schlingue, ici ! »/ Ils disaient (on dit toujours ?) « Tu pues d’la gueule ! », variante : « Tu pues du bec ! » / Ils disaient « Arrête de claper du bec ! », quand l’un des frères mâchait la bouche ouverte avec un bel entrain/ Il disait ils disaient (on dit toujours ?) « Ça sent la cocotte »/ Il disait ils disaient (on dit toujours ?) « Ça cocotte »/ Il disait ils disaient (on dit toujours ?) « Ça embaume… »/ Il disait (on dit toujours ?) « Il refoule du goulot » / Il disait « Tu viens faire un baby ? » (un baby foot, pas un bébé)/ Il disait ils disaient « À la saint glinglin »/ Il disait « Ah merde ! il flotte ! », variante : « Ah merde ! ça flotte ! »/ Il disait, à la fête foraine « On fait un carton ? »/ Il disait « On s’les gèle ! »/ Les vieux disaient « Il a mangé du lion ! »/ Il disait ils disaient « T’as mangé du Topset ? »/ Le Père disait « Mange ta soupe ! »/ Le Père disait « Mouche ton nez et dis bonjour à la dame ! »/ La mère disait « Mets pas tes coudes sur la table ! »/ La mère disait « Tiens-toi droit devant ton assiette ! »/ Le Père disait « Finis ton assiette ! »/ La mère disait « Finis ton assiette ! T’as pas faim ? »/ La mère disait « Essuie ta bouche avec ta serviette, pas avec tes manches ! »/ La mère disait « Parle pas la bouche pleine ! »/ La mère disait « C’est très bon, c’est du poisson sans arêtes… », alors que c’était du mouton, un demi-testicule, finement persillé/ La mère disait « Signe ton carnet de notes, tu signes mieux que moi, tu sais bien imiter ma signature… »/ Il disait, lorsqu’il serrait la main d’une fille, tout en lui chatouillant la paume avec l’index « Tu la sens ma verrue ? »/ Il disait ils disaient « la gym »/ Il disait à l’arbitre, au foot, pendant la gym « M’sieu M’sieu ! il m’a fait un croche-patte ! »/ Il disait au maître, à la maîtresse, à la récré, dans la cour, dans les rangs, dans l’escalier, dans les couloirs, dans la classe « M’sieu M’sieu ! il m’a fait un croche-patte ! », « M’dame M’dame ! il m’a fait un croche-patte ! »/ Il disait au maître, à la maîtresse, à la récré, dans la cour, dans les rangs, dans l’escalier, dans les couloirs, dans la classe « M’sieu M’sieu ! il m’a craché ! », « M’dame M’dame ! il m’a craché ! »/ Il disait au maître, à la maîtresse, en classe « M’sieu ! M’sieu ! J’ai fait une tache ! il pousse du coude ! », « M’dame M’dame ! J’ai fait une tache ! il pousse du coude ! »/ Alexis chantait, le jour du mariage « Alexis a une petite quéquette, Pas plus grosse qu’une allumette, C’est la quéquette d’Alexis »/ Il disait ils disaient, à la récré, lorsque l’échange était inégal « Ça vaut pas ! »/ Il disait ils disaient « Part à deux »/ Il(s) ne disai(en)t pas « Moite-moite »/ La mère disait « Aide-moi à éplucher les patates »/ Il soupirait/ La mère disait « Tu te crois sorti de la cuisse de Jupiter peut-être ? ! »/ Il récitait, il chantait « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, Et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté »/ Prévert écrivait « Notre Père qui êtes aux cieux, Restez-y »/ La mère disait « C’est pas possible d’être bête à c’point-là ! qu’est-ce qu’on va faire de toi !? »/ Le Père disait « Il a le cerveau lent, ce petit »/ Le Père disait, d’un ton docte « Le petit d’homme fait dans sa culotte sa première révolte »/ Le Père récitait « Je le tiens ce nid de fauvette ! Ils sont deux, trois, quatre petits ! Depuis si longtemps je vous guette ; Pauvres oiseaux, vous voilà pris ! »/ Le Père disait « C’est une poule mouillée », variante : « C’est une mauviette »/ Il disait ils disaient « Il est timbré, il est zinzin, il est dingo »/ Il(s) ne disai(en)t pas « Il a un pète au casque, il a les fils qui s’touchent »/ Il disait ils disaient « Il marche à côté de ses pompes »/ Il disait ils disaient « À l’aise Blaise ! »/ Il disait « Une saucisse dans une soupe ? Merci Knorr ! »/ Elle disait « Tu sais pas fumer ! tu avales pas la fumée, regarde !… », alors elle avalait une longue bouffée, qu’elle soufflait lentement devant elle, vers le plafond, avant d’attraper un cancer trente ans plus tard/ Il disait ils disaient (on dit toujours ?) « Il boit comme un trou »/ Il disait « On s’est pris une de ces bitures », après il disait « On s’est bien murgés », après il disait « On a vachement picolé », après il disait « On s’en est mis une bonne », après il disait « j’me suis mis minable »/ Il disait « J’vais pisser un coup »/ Il disait « J’vais changer l’eau aux olives »/ Il disait « J’pisse un coup et j’arrive ! »/ Il disait ils disaient « mouler un cake »/ Il disait ils disaient « couler un bronze »/ Il disait « Le temps de faire ma crotte, et j’arrive ! »/ Il avouait elle avouait ils elles avouaient, d’une toute petite voix, à peine audible, l’index fourré dans la narine « Maman j’ai fait caca dans ma culotte… »/ C’est là que le Père disait, d’un ton docte « Le petit d’homme fait dans sa culotte sa première révolte »/ Ils disaient « Cachou ! Cachou ! Un p’tit cachou ! »/ Il disait « C’est d’la soie ! C’est d’la soie ! », le fleuriste du marché d’Aligre/ Il chantait « Les portes du péni… tencier, À jamaiiis se sont referméééees ! Est-ce là que finira ma vie, Comme tant d’autres l’on-ont finiiie »/ Il chantait « Arthur, où t’as mis le corps ? »/ Il lui avait déclaré « J’veux pu d’culottes courtes ! »/ Elle acquiesça/ Le Père disait « Maintenant que tu portes un pantalon, tu vas en baver, des ronds d’chapeau… »/ Il en bava, des ronds d’chapeau/ La maîtresse aimait à frotter son opulente poitrine contre sa nuque, tout en corrigeant ses fautes, dans son cahier, par-dessus son épaule ; elle sentait le bon parfum, il aima cet innocent contact/ Elle avait dit « Non, non, il n’est pas bête madame, il est seulement paresseux ! M’autorisez-vous à le garder en retenue jusqu’à dix-huit heures ? »/ Est-ce ainsi que les écrivains naissent ?/ Il écrirait « etc. », en lieu et place du mot « fin »/ Comme Georges/ Dans son/ Je me souviens.

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